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Évaluation des données d’efficacité d’une chimiothérapie après exposition à un inhibiteur des checkpoints de l’immunité : une étude cas-témoins au CHRU de Tours - 29/12/18

Doi : 10.1016/j.rmr.2018.10.253 
F. Lisée 1, , E. Pichon 1, T. Flament 1, S. Marchand-Adam 2
1 Service de pneumologie, CHRU, Tours, France 
2 Faculté de médecine, Tours, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

L’arrivée des inhibiteurs des checkpoints de l’immunité ciblant le PD1 (Programmed cell Death 1) bouleverse actuellement les algorithmes thérapeutiques des cancers bronchiques non à petites cellules (CBNPC). Bien que d’efficacité réduite à compter de la 3e ligne de traitement, la chimiothérapie en monothérapie demeure le traitement de référence. La modulation du microenvironnement tumoral par l’exposition à un anti-PD1 pourrait modifier la sensibilité aux chimiothérapies usuelles, en potentialisant la part immunomédiée de l’activité anti-tumorale de celles-ci. Nous posons l’hypothèse d’un effet chimiosensibilisant de l’immunothérapie, lors de son administration préalable à la chimiothérapie. Nous avons étudié l’effet de l’immunothérapie par anti-PD1 sur la réponse à la chimiothérapie administrée au décours, afin de confirmer les données récentes de la littérature et de définir les critères prédictifs de réponse dans le cadre du CBNPC.

Méthodes

Notre étude rétrospective, cas-témoins, a été menée dans le service de pneumologie du CHRU de Tours d’octobre 2012 à novembre 2017. Cinquante patients « cas » présentant un CBNPC localement évolué ou métastatique, traités par un anti-PD1 administré en 2e ou en 3e lignes avant la reprise d’une chimiothérapie, étaient appariés en fonction de l’avancée dans le nombre de lignes thérapeutiques, du sexe, de l’histologie, du statut tabagique et du performans status selon l’OMS, à 50 patients « témoins » d’une cohorte historique suivis pour un CBNPC traités exclusivement par chimiothérapie.

Résultats

La survie sans progression (SSP) après reprise d’une chimiothérapie n’était pas significativement différente, qu’elle soit immédiatement précédée d’une immunothérapie ou d’une chimiothérapie (p=0,15). L’analyse en sous-groupes selon la place de l’immunothérapie dans la séquence thérapeutique montrait une SSP sous chimiothérapie post-immunothérapie significativement prolongée si l’anti-PD1 était réalisé en 2e ligne (n=25), comparé aux témoins appariés (médiane de 4 mois versus 2,5 mois ; p=0,03, OR 1,6 [1,026–2,74]). Il n’était pas identifié de facteur prédictif de survie.

Conclusion

L’exposition à un anti-PD1 semble améliorer la réponse à la chimiothérapie lorsque l’immunothérapie qui la précède est réalisée avant la 3e ligne, incitant à l’utilisation précoce anti-PD1 dans la prise en charge du CBNPC. Il s’agit de la 1re étude cas-témoins montrant une sensibilisation à la chimiothérapie par l’immunothérapie préalable.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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© 2018  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 36 - N° S

P. A121 - janvier 2019 Retour au numéro
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