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Un gaz du sang en air ambiant peut-il prédire le résultat d’un test d’hyperoxie pour la recherche d’un shunt droit–gauche ? - 29/12/18

Doi : 10.1016/j.rmr.2018.10.268 
C. Simon 1, V. Margelidon-Cozzolino 1, S. Turquier 1, V. Cottin 2, J.F. Mornex 2, J.C. Glerant 1,
1 Service d’explorations fonctionnelles respiratoires, Lyon, France 
2 Service de pneumologie, Lyon, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

L’hypoxémie associée à une différence alvéolo-artérielle en O2 (DAaO2) anormalement élevée sur un gaz du sang en air ambiant peut être liée entre autres à des anomalies de distribution du rapport ventilation/perfusion, à un trouble de la diffusion alvéolocapillaire ou à un shunt anatomique droit-gauche. Dans ce cas, il semble licite de réaliser des gaz du sang sous FiO2 à 100 % : en effet, la persistance d’une DAaO2 anormalement élevée lors d’un test d’hyperoxie plaide en faveur de l’existence d’un shunt droit–gauche. Il est probable que le résultat du test d’hyperoxie soit lié aux données gazométriques en air ambiant et notamment au niveau d’hypoxémie. Le but de cette étude était donc de comparer les données des gaz du sang en air ambiant et sous FiO2 à 100 % afin de mettre en évidence des paramètres gazométriques en air ambiant prédictifs d’un test d’hyperoxie positif.

Méthodes

Sur une période de 21 ans, a été inclus tout patient adressé dans notre service pour une analyse des échanges gazeux dans le cadre du bilan fonctionnel d’une malformation artérioveineuse. Il était donc réalisé de façon systématique une exploration fonctionnelle respiratoire, des gaz du sang en air ambiant et lors d’un test d’hyperoxie en position assise et/ou couchée. La DAaO2 en air ambiant était calculée à partir de la formule : DAaO2=((Pression barométrique47)*FiO2)(PaCO2/0,8)PaO2. La DAaO2 sous O2 pur était obtenue à partir de l’équation : DAaO2=PO2 inspiréePaCO2PaO2.

Résultats

Deux cent trente patients (91 hommes) ont été inclus dans cette étude rétrospective. L’âge moyen était de 47±15 ans. Les gaz du sang ont été réalisés en air ambiant et lors d’un test d’hyperoxie en position assise et couchée, respectivement chez 214 et 215 patients. Il existe une corrélation significative entre la DAaO2 calculée sur le gaz du sang en air ambiant (X) et la DAaO2 calculée lors du test d’hyperoxie (Y) aussi bien en position assise (Y=8,4*X38 ; R2=0,784) qu’en position couchée (Y=7,2*X42,9 ; R2=0,635). Le test d’hyperoxie était systématiquement négatif en position assise lorsque la DAaO2 en air ambiant était inférieure à 1,5 fois la théorique.

Conclusion

Au total, nos résultats suggèrent que le niveau d’hypoxémie et la DAaO2 en air ambiant sont prédictifs du résultat du test d’hyperoxie en position assise et à un moindre degré en position couchée. L’indication de gaz du sang sous FiO2 à 100 % pourrait ainsi être posée en fonction du niveau de DAaO2 calculée sur le gaz du sang en air ambiant.

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© 2018  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 36 - N° S

P. A128 - janvier 2019 Retour au numéro
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