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Facteurs de risque de mortalité précoce dans le cancer pulmonaire en France : une analyse nationale à partir des données du PMSI - 10/01/21

Doi : 10.1016/j.rmra.2020.11.020 
H. Goussault 1, , S. Gendarme 1, C. Jung 2, S. Epaud 3, C. Algans 3, N. Salaun-Penquer 3, M. Rousseau 2, J.-B. Assié 1, A. Lazzati 4, C. Chouaid 1
1 Service de pneumologie, Créteil, France 
2 Centre de recherche clinique, Créteil, France 
3 Kaduceo, Toulouse, France 
4 Service de chirurgie digestive, Créteil, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Le cancer pulmonaire est la première cause de décès par cancer dans le monde. Malgré les avancées thérapeutiques, le pronostic reste sombre. L’objectif principal est d’identifier des facteurs de risque de mortalité à 90jours de la première hospitalisation pour cancer pulmonaire (mortalité précoce).

Méthodes

Il s’agit d’une analyse des données du Système National des Données de Santé incluant les patients avec une première hospitalisation pour cancer pulmonaire entre le 1er janvier 2016 et le 31 décembre 2018 (code C34* de la CIM-10). L’analyse inclue des caractéristiques cliniques, les modes d’entrée et de sortie, et des indicateurs socio-économiques (à partir du lieu de domicile). Un modèle prédictif de mortalité précoce est développé à partir des variables disponibles lors du premier séjour.

Résultats

L’étude inclut 144 087 patients, majoritairement des hommes (67 %), avec un âge médian de 68 ans [60–76]. Parmi eux 47 % sont diagnostiqués à un stade métastatique, 34 % et 23 % bénéficient respectivement d’une chimiothérapie et d’une chirurgie; 27 % souffrent de BPCO. La durée de la première hospitalisation est de 6jours [95 %IC: 1–13]; les patients sont pris en charge à 40 % dans des CH et à 26 % dans des CHU; 26 % sont hospitalisés après un passage aux urgences; la majorité (58 %) habite en zones urbaines. La mortalité précoce est de 19 %. Elle augmente avec l’âge (OR 1.33 [1.22–1.45] pour les plus de 70 ans), le sexe masculin (OR 1.50 [1.44–1.55), le stade métastatique (OR 3.30 [3.18–3.43]), une entrée via les urgences (OR 1.65 [1.59–1.71]), et la durée du premier séjour (OR 1.58 [1.49–1.68] pour plus de 30jours). Les facteurs socio-économiques (densité de population, territoires ruraux, indicateur d’accessibilité potentielle localisée et indice de privation sociale) n’influencent pas la mortalité précoce. Le modèle prédictif le plus performant est celui obtenu par régression logistique (score F1 0.44, spécificité 0.88 et AUC ROC 0.65). Les variables avec le plus gros poids dans ce modèle sont le statut métastatique, l’hospitalisation via les urgences et une durée de séjour initial de plus de 7jours.

Conclusion

En France, 19 % des patients décèdent dans les 90jours suivants la première hospitalisation pour cancer pulmonaire. Ce sont majoritairement des hommes, âgés, diagnostiqués à un stade métastatique après un passage aux urgences. Un diagnostic plus précoce pourrait réduire la mortalité précoce. Le développement d’un modèle prédictif pourrait aider la prise en charge des patients.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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© 2020  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 13 - N° 1

P. 14 - janvier 2021 Retour au numéro
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