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Changement d’anti-fibrosant pour une progression de la fibrose pulmonaire idiopathique : une stratégie efficace ? - 10/01/21

Doi : 10.1016/j.rmra.2020.11.412 
T. Boghanim 1, , R. Borie 2, A. Le Borgne 1, A. Didier 1, B. Crestani 2, G. Prevot 1
1 Hôpital Larrey, Toulouse, France 
2 Hôpital Bichat, Paris, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Les médicaments anti-fibrosants (pirfenidone et nintedanib) ralentissent le déclin de la fonction respiratoire mais n’empêchent pas la progression de la maladie. La stratégie à adopter vis-à-vis du traitement en cours en cas de progression a été peu étudiée. L’objectif de ce travail était d’évaluer l’intérêt d’un changement d’anti-fibrosant chez des patients présentant un déclin de la fonction respiratoire malgré le traitement.

Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective bicentrique (hôpital Larrey, Toulouse et hôpital Bichat, Paris). Les patients présentant une diminution de la CVF10 % ou de la DLco15 % en valeur absolue sur 12 mois sous traitement anti-fibrosant étaient inclus. Nous avons comparé la pente de décroissance de la CVF et de la DLCO dans les 12 mois suivant la survenue du premier déclin dans le groupe ayant changé de traitement en raison du déclin (groupe « switch ») et le groupe n’ayant pas changé de traitement malgré le déclin (groupe « maintien »).

Résultats

Vingt et un patients dans le groupe « maintien » (11 sous pirfenidone et 10 sous nintedanib) et 20 patients dans le groupe « switch » (17 sous pirfenidone et 3 sous nintedanib) ont été inclus. Il n’y avait pas de différence en termes d’âge, de sexe, de statut tabagique, d’IMC entre les 2 groupes mais les patients du groupe « switch » avaient significativement plus de comorbidités cardiovasculaires. Au moment du déclin, la CVF était plus basse dans le groupe « switch » comparativement au groupe « maintien » (58,3±16,8 % et 82,8±22 % p<0,001) alors que l’amplitude du déclin n’était pas différente. Dans les 12 mois suivant le déclin, les variations de la CVF et de la DLco n’étaient pas significativement différentes entre les groupes « switch » et « maintien » (respectivement −2±11,7 vs −3,06±10,29 p=0,46 pour la CVF ; −4,75±14,48 vs −2,2±7,97 ; p=0,84 pour la DLco). Un nombre plus important d’effets indésirables était recensé dans le groupe des patients « switch » (55 % vs 24 % ; p 0,04).

Conclusion

Chez les patients atteints de FPI, présentant un déclin de la fonction respiratoire sous un premier anti-fibrosant, la stratégie du switch ne paraît pas avantageuse comparativement au maintien du même traitement.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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© 2020  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 13 - N° 1

P. 189 - janvier 2021 Retour au numéro
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