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Contamination microbiologique des réservoirs d’humidification des ventilateurs non invasifs de domicile - 10/01/21

Doi : 10.1016/j.rmra.2020.11.088 
J. Dampierre 1, , C. Chefson Girault 2, A. Gillibert 3, E. Dantouing 1, J. Da Cunha 1, G. Maclaud 1, R. Dubian 1, A. Dunet 1, M. Lefort 4, J.F. Muir 4, M. Pestel-Caron 5, A. Cuvelier 1, M. Patout 6
1 Pneumologie, Rouen, France 
2 Laboratoire d’hygiène, Rouen, France 
3 Département de biostatistiques, Rouen, France 
4 ADIR Association, Rouen, France 
5 AE2656, département de microbiologie, Rouen, France 
6 DRCI, Rouen, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

La ventilation non invasive (VNI) est le traitement de référence de l’insuffisance respiratoire chronique hypercapnique, notamment en cas de bronchopneumopathie obstructive (BPCO) et de syndrome obésité-hypoventilation (SOH). L’usage de systèmes d’humidification pour lutter contre la sécheresse buccale est répandu. Cependant, il n’existe aucune donnée sur la potentielle colonisation microbienne de ces systèmes. L’objectif de notre étude était d’évaluer la prévalence de la contamination microbiologique des réservoirs des ventilateurs non invasifs de domicile, de déterminer la prévalence de germes potentiellement pathogènes chez les patients BPCO et SOH. L’objectif secondaire était d’évaluer le lien la présence de pathogènes et la survenue éventuelle d’une exacerbation dans les 12 mois précédant.

Méthodes

Etude prospective, monocentrique et observationnelle (NCT03809832) incluant les patients appareillés par ventilation non invasive depuis plus de 6 mois, ayant un système d’humidification et une observance supérieure à 4heures/jour. Lors de l’évaluation, étaient réalisés des prélèvements microbiologiques de manière standardisée sur les systèmes d’humidification. Un questionnaire systématisé sur l’entretien de la ventilation était administré.

Résultats

Cinquante-trois patients ont été inclus: 38 (72%) avec BPCO et 15 (28%) avec SOH. Les analyses microbiologiques ont montré que 50 (94% [95%CI: 84 to 99]) réservoirs étaient contaminés par au moins un germe, sans différence entre les deux populations BPCO et SOH (p=0.55). Un total de 22 (42% [95%CI: 28 to 56]) réservoirs étaient contaminés par au moins un germe potentiellement pathogène sur le plan respiratoire, sans différence entre les patients atteints de BPCO et ceux atteints de SOH (p=0.36). Le score moyen d’observance des mesures d’entretien étaient de 4.9±1.7 sur 7 sans différence entre les deux groupes (p=0.36). Dans la population BPCO, l’isolement d’un germe potentiellement pathogène dans le réservoir n’était pas associé à une augmentation du taux d’exacerbations: IRR: 1.17 [95%CI: 0.72 to 1.88] (p=0.53).

Conclusion

La contamination microbiologique des réservoirs de ventilateurs non invasifs est extrêmement fréquente. Dans notre étude, nous avons retrouvé un taux significatif de germes potentiellement pathogènes sur le plan respiratoire. L’impact clinique de la présence de ces pathogènes reste à déterminer.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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© 2020  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 13 - N° 1

P. 49 - janvier 2021 Retour au numéro
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