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Performance des bicarbonates veineux pour le diagnostic de l’hypoventilation alvéolaire nocturne dans une cohorte rétrospective de patients neuromusculaires - 10/01/21

Doi : 10.1016/j.rmra.2020.11.154 
M. Georges 1, , S. Aho 2, Y. Chiche 1, G. Beltramo 1, P. Bonniaud 1, C. Rabec 1
1 Service de pneumologie et soins intensifs respiratoires, CHU Dijon-Bourgogne, Dijon, France 
2 Service d’épidémiologie, CHU Dijon-Bourgogne, Dijon, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

L’hypoventilation nocturne (HN) a un impact pronostique chez les patients avec atteinte neuromusculaire, l’instauration précoce d’une assistance ventilatoire (AV) améliore le pronostic. La capnographie nocturne transcutanée (TcPCO 2) est le gold standard pour diagnostiquer une HN. Cet examen reste onéreux et complexe. Plusieurs définitions de HN ont été publiées sans validation robuste. L’HN génère une alcalose métabolique en raison d’une cinétique d’élimination plus lente des ions HCO 3 -. On suppose que le CO 2 total (CO 2 t) mesuré dans le sang veineux, de réalisation plus simple, pourrait détecter efficacement une HN.

Méthodes

Cinquante-huit patients avec atteinte neuromusculaire avancée ont été évalués dans le Service de pneumologie du CHU Dijon-Bourgogne entre janvier 2016 à mai 2019. Ils ont bénéficié d’une TcPCO 2 en air ambiant et d’une mesure du CO 2 t dans le sang veineux. Les symptômes diurnes et nocturnes comme les résultats de l’exploration fonctionnelle respiratoire sont recueillis. L’HN est retenue si :

– PtcCO2>55mmHg pendant ≥10min ou augmentation de PtcCO210mmHg par rapport à la valeur à l’éveil jusqu’à une valeur excédant 50mmHg pendant ≥10minutes (Berry 2010) ;

– PtcCO2 maximale ≥49mmHg (Ward, 2005) ;

– PtcCO2 moyenne >50mmHg (Simons, 2006).

La mise en place d’une AV est décidée par un pneumologue expérimenté, selon les recommandations françaises en vigueur.

Résultats

L’âge moyen était de 55,3±2,2 ans, 52 % étaient des hommes et l’indice de masse corporelle moyen était de 24,2±0,7kg/m2. L’étiologie de l’atteinte neuromusculaire était une sclérose latérale amyotrophique (48 %), une myopathie (24 %) et une insuffisance diaphragmatique uni ou bilatérale post-traumatique (24 %). La capacité vitale moyenne était de 67,1±3,1 % théo et la SNIP de 40,1±1,9 % théo. Cinquante-deux pour cent des patients avaient une HN, une AV est débutée chez 65 % des patients. Dans notre cohorte une valeur de CO 2 t inférieure à 25mmol.L−1 permet d’exclure une HN (Se : 83 %). Un CO 2 t supérieur à 28mmol.L−1 s’associe quasi systématiquement à une HN (Sp : 88 %) et à la mise en place d’une AV (Sp=100 %). Le CO 2 t n’est pas un facteur associé à l’initiation d’une AV en analyse multivariée dans notre cohorte.

Conclusion

Pour optimiser les ressources techniques et améliorer la prise en charge des patients restrictifs, la réalisation d’une TcPCO 2 pourra être limitée aux patients ayant un CO 2 t entre 25 et 28mmol.L−1 en tenant compte des symptômes et des comorbidités susceptibles de modifier le CO 2 t.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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© 2020  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 13 - N° 1

P. 78 - janvier 2021 Retour au numéro
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