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Impact pronostique des marges positives après prostatectomie totale pour un stade pT2 et identification des facteurs de risque de progression - 28/10/16

Doi : 10.1016/j.purol.2016.07.207 
M. Dusaud 1, , I. Cholley 2, A. Masson-Lecomte 2, J. Mordoch 2, D. Vordos 2, A. De la Taille 2, L. Salomon 2
1 HIA Bégin, Paris, France 
2 Hôpital Henri Mondor, Créteil, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Objectifs

Le pronostic et la conduite à tenir suite à des marges chirurgicales positives (MCP) après prostatectomie totale ne sont pas clairement définis en cas de tumeurs de stade pT2. Notre étude vise à identifier les facteurs de risque pré- et postopératoires de progression après MCP ainsi que le pronostic de celles-ci.

Méthodes

De 1988 à 2014, 3660 prostatectomies totales ont été réalisées dont 2096 étaient de stade pT2. Pour chaque patient, les données préopératoires (âge, PSA, BMI, pourcentage de tumeur sur les biopsies, score de Gleason sur les biopsies), anatomopathologiques (poids prostatique, score de Gleason sur la pièce, présence de marges, longueur des marges positives) et postopératoires (traitement complémentaire) ont été analysées. La progression biologique était définie par un PSA>0,2ng/mL. Aucun traitement complémentaire n’a été effectué sans récidive biologique. Les tests de Student, du Chi2, de Kaplan-Meier et de Cox ont été utilisés comme tests statistiques.

Résultats

Trois cent soixante-dix (17,7 %) des pT2 avaient des MCP. Soixante-six (17,9 %) ont présenté une progression biologique. Avec un suivi de 99 mois, la survie sans progression biologique à 5ans et 10ans, respectivement pour les marges négatives et positives, était de 96 vs 77,5 % et de 87 vs 58 % (p=0,001). En analyse univariée, les facteurs de progression biologique étaient le PSA préopératoire (8,1 vs 10,2ng/mL, p=0,04), le risque élevé de d’Amico (p=0,01) et le stade pathologique (pT2b vs pT2a, p=0,03). Les récidives biochimiques étaient significativement plus nombreuses chez les patients avec MCP (p<0,0001) sans qu’il n’y ait de différence en terme de survie. En analyse multivariée, le risque élevé vs faible (p=0,019) et le stade pathologique (pT2b vs pT2a, p=0,034) restaient significatifs. Cinquante des 66 patients ont eu un traitement complémentaire : 43 radiothérapies, 7 hormonothérapies. Cinq patients sont décédés dont deux par cancer de la prostate.

Conclusion

Un risque élevé selon d’Amico et un stade pathologique pT2b sont des facteurs de risque de progression biologique chez les pT2 marges positives. Comme seul un faible nombre va progresser, un traitement adjuvant ne doit pas être instauré sur le seul argument de la marge mais sera délivré seulement en cas de récidive biologique.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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© 2016  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 26 - N° 13

P. 771 - novembre 2016 Retour au numéro
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