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Coût du dernier mois de vie des patients décédés à hôpital d’un cancer du poumon : enquête nationale française - 29/12/18

Doi : 10.1016/j.rmr.2018.10.235 
O. Bylicki 1, , C. Tournier 2, F. Canoui-Poitrine 3, C. Blein 2, C. Chouaid 4
1 HIA PERCY, Clamart, France 
2 HEVA, Lyon, France 
3 University CEpiA, Créteil, France 
4 CHI de Créteil, Créteil, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

L’impact économique de la fin de vie des patient atteint d’un cancer est très étudié dans les pays anglo-saxons. Il existe aucune donnée en France sur l’impact de l’agressivité des soins de fin de vie pour le cancer du poumon (CP). Le but de cette étude est d’évaluer les coûts du dernier mois de vie des CP ainsi que l’impact de l’agressivité des soins au cours de cette période.

Méthodes

À l’aide de la base PMSI, tous les patients adultes atteints d’un CP et décédés à l’hôpital entre le 01/01/2010–31/12/2011 (cohorte 1) et entre le 01/01/2015–31/12/2016 (cohorte 2) ont été identifiées et inclus dans cette étude. L’agressivité en fin de vie a été évaluée par des critères suivants déjà validés dans la littérature : (1) chimiothérapie administrée au cours des 14 derniers jours de la vie (DJV) ; (2)>1 hospitalisation à moins de 30 DJV ; (3) admission en USI dans les 30 DJV ; et (4) passage en soins palliatifs<3jours avant le décès. Les coûts directs hospitaliers ont été évalués sur la base des tarifs DRG. L’objectif est d’évaluer le surcoût lié à l’agressivité.

Résultats

Au total, 90 827 patients ont été identifiés : 74 % hommes, âge médian de 67 ans [59–77]. Cinquante-sept pour cent des patients présentent au moins un critère d’agressivité des soins en fin de vie (>1 hospitalisation : 49 %, admissions aux soins intensifs : 12 %, chimiothérapie dans les 14jours : 9 % et soins palliatifs<3jours avant le décès : 5 %). Le coût moyen du dernier mois de fin de vie était de 8152±5117 euros (346 à 91 537) par patient, significativement plus important chez les patients présentant au moins un marqueur d’agressivité des soins de fin de vie (9480±5946€ contre 6376±2898, p<0,001). Ces surcoûts s’expliquent en grande partie par les hospitalisations et les coûts des soins intensifs (8080±4296€ contre 6228±2752€ et 1063±2948€ contre 92±546€). Le coût des médicaments hors GHS (285±888€ vs 39±330€), de la radiothérapie (14±138€ vs 6±84€) et des dispositifs médicaux (38±352€ vs 11±137€) n’a pas d’impact sur les coûts supplémentaires des patients avec marqueurs d’agressivités.

Conclusion

La charge économique de la fin de vie est importante pour le système de soins de santé, avec des coûts supplémentaires>3000 euros par patient en cas de marqueurs d’agressivité de la fin de vie. L’intégration précoce de soins palliatifs dans le parcours du patient pourrait améliorer la qualité des soins en fin de vie et également réduire les coûts des DJV par la diminution de l’agressivité tumorale en fin de vie.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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© 2018  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 36 - N° S

P. A113 - janvier 2019 Retour au numéro
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