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Le ruxolitinib inhibe la production de cytokines et altère la phagocytose des macrophages pulmonaires humains - 29/12/18

Doi : 10.1016/j.rmr.2018.10.081 
H. Salvator , N. Mantov, M. Brollo, E. Naline, S. Grassin-Delyle, L.J. Couderc, P. Devillier
 UPRES EA 220, service de pneumologie, Hôpital FOCH, Faculté des Sciences de la Vie Simone Veil, Université Paris-Saclay, Suresnes, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Le ruxolitinib est un inhibiteur de Janus Kinase approuvé pour le traitement de la myélofibrose et la réaction du greffon contre l’hôte cutanée après allogreffe de moelle. Nous avons précédemment rapporté des cas de protéinose alvéolaire et d’infections pulmonaires à mycobactéries non tuberculeuses chez des patients sous ruxolitinib, ce qui suggère un déficit des fonctions macrophagiques alvéolaires en lien avec le traitement. Nous avons voulu étudier in vitro l’effet du ruxolitinib sur la fonction des macrophages pulmonaires humains.

Méthodes

Les macrophages pulmonaires (MP) ont été isolés à partir de pièces opératoires de patients opérés pour un carcinome bronchique. Ils ont été traités par du ruxolitinib (0,5–10μM), seul ou en présence de LPS (10ng/mL), Poly I :C (10ng/mL) ou GM-CSF (10ng/mL). La production de cytokines a été mesurée par ELISA. Pour évaluer la phagocytose, les MPs ont été incubés avec des particules de carbone noir (diamètre 14nm) en présence de ruxolitinib (5μM) et de LPS ; les modifications de morphologie et le pourcentage de cellules ayant phagocyté les particules ont été relevés.

Résultats

Le ruxolitinib n’a pas d’effet sur la production de cytokines par les MPs non stimulés. Il réduit, de façon concentration dépendante, la production induite par le LPS et le POLY (I :C) de TNFa, IL-6, CCL2, CXCL9, CXCL10, et IFNb mais pas celle de CXCL1 et de CXCL8. Ce résultat n’est pas modifié en cas de pré-traitement par du GM-CSF. Le GM-CSF amplifie la production d’IL-23 induite par le LPS ; cette production est inhibée par le ruxolitinib. Le ruxolitinib induit une morphologie fusiforme des MPs et réduit le nombre de cellules ayant phagocyté les particules de carbone, en basal et après stimulation par du LPS.

Conclusion

Le ruxolitinib induit une diminution des réponses inflammatoires et de la phagocytose des macrophages pulmonaires humains. Ces modifications structurelles et fonctionnelles pourraient favoriser la survenue d’infections à mycobactéries et de protéinose alvéolaire.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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© 2018  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 36 - N° S

P. A44-A45 - janvier 2019 Retour au numéro
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