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Impact de la modification des recommandations de traitement antirétroviral sur l’épidémiologie des pathologies respiratoires chez les patients infectés par le VIH - 29/12/18

Doi : 10.1016/j.rmr.2018.10.080 
E. Blin 1, , A. Parrot 1, D. Sroussi 1, G. Voiriot 2, M. Fartoukh 2, J. Cadranel 1, J.M. Naccache 1
1 Service de pneumologie, hôpital Tenon, Paris, France 
2 Service de réanimation, hôpital Tenon, Paris, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Depuis l’introduction des trithérapies antirétrovirales en 1996 nous avons assisté à une modification significative de l’épidémiologie des pathologies respiratoires chez les patients infectés par le VIH, avec notamment une diminution des infections opportunistes. Le but de notre étude était de décrire l’évolution des motifs d’admission en pneumologie des patients infectés par le VIH en fonction de la modification des recommandations de traitement antirétroviral à partir de 2005.

Méthodes

Cohorte épidémiologique monocentrique rétrospective descriptive longitudinale. Ont été inclus les patients infectés par le VIH hospitalisés ou consultants pour la première fois dans les services de pneumologie et de réanimation de l’hôpital Tenon (Paris) entre le 1er janvier 2005 et le 31 décembre 2017. Trois périodes d’étude ont été définies, correspondant à la modification des indications thérapeutiques en France : 1) 2005–2009 (si symptômes ou lymphocytes CD4<300–350/mm3) ; 2) 2010–2012 (si symptômes ou lymphocytes CD4<500 mm3) et 3) 2013–2017 (traitement systématique).

Résultats

Quatre-cent quantre-vingt-neuf patients ont été inclus dans la cohorte. Le nombre d’admission par an était stable au cours du temps. Les admissions en réanimation ont diminué correspondant à 48,7 %, 39,1 % et 7,7 % des admissions, respectivement, pour les périodes 1, 2 et 3 (p<0,001). Les pneumopathies infectieuses représentaient 46,7 % (n=92), 41,8 % (n=46) et 17 % (n=31) des motifs d’admission (p<0,001), avec une diminution au cours du temps du nombre d’admission pour la pneumocystose (14,2 %, 10,9 % et 2,7 % ; p<0,001), mais aussi pour les pneumopathies bactériennes (24,4 %, 23,6 % et 7,7 % ; p<0,001). Les admissions pour cancer pulmonaire ont augmenté, passant de 12,2 % (n=24) à 13,6 % (n=15) puis 29,1 % (n=53) (p<0,001). La bronchopathie chronique obstructive et l’emphysème ont aussi augmenté, représentant 7,6 % (n=15), 12,7 % (n=14) et 17 % (n=31) des admissions (p=0,018). Il n’y avait pas de différence significative du nombre d’admission pour les autres pathologies pulmonaires entre les trois périodes.

Conclusion

Notre étude montre que l’indication plus précoce de la trithérapie antirétrovirale s’est accompagnée d’une modification de la sévérité et des motifs d’admission des patients infectés par le VIH en pneumologie.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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© 2018  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 36 - N° S

P. A44 - janvier 2019 Retour au numéro
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