S'abonner

Complications liées aux interfaces de ventilation non invasive - 10/01/21

Doi : 10.1016/j.rmra.2020.11.156 
M. Patout 1, , C. Caillard 1, G. Jolly 2, A. Kerfourn 3, E. Fresnel 3, L. Razakamanantsoa 1, J.F. Muir 4, E. Lhuillier 5, A. Cuvelier 1
1 Groupe de recherche sur le handicap ventilatoire, EA 3830 GRHV, université de Rouen Normandie, Rouen, France 
2 Service de pneumologie et de soins intensifs respiratoires, Rouen, France 
3 Kernel Biomedical, Bois-Guillaume, France 
4 ADIR Association, Bois-Guillaume, France 
5 Centre de recherche clinique, centre Henri-Becquerel, Rouen, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Le choix d’une interface de ventilation non invasive (VNI) est un facteur clé pour obtenir une bonne adhésion au traitement. Il existe peu de données sur les effets secondaires des interfaces de VNI chez les patients appareillés à domicile. Notre objectif principal était d’évaluer l’incidence des escarres cutanées liée aux interfaces. Les objectifs secondaires étaient d’évaluer la conséquence sur la qualité de vie et du sommeil, l’observance et l’efficacité de la VNI évaluée par la capnie diurne.

Méthodes

Étude rétrospective monocentrique incluant les patients appareillés par VNI au long cours et ayant eu une évaluation clinique entre 04/2017 et 11/2019. Étaient exclus les patients pour lesquels le type de masque n’était pas renseigné. La qualité de vie était évaluée par le Severe Respiratory Insufficiency questionnaire (SRI) et celle du sommeil par le Pittsburgh Sleep Quality Index (PSQI). Les effets secondaires liés au masque étaient évalués par un interrogatoire systématique avec une gradation de leur sévérité de 0 (absence d’effet secondaire) à 4 (effet secondaire intolérable).

Résultats

Huit cents patients d’un âge moyen de 64±15 ans ont été inclus. Leur pathologie sous-jacente était : un SOH (n : 251 ; 31 %), une BPCO (n : 180 ; 23 %), une maladie neuromusculaire (n : 169 ; 21 %), une BPCO et un SAOS (n : 147 ; 18 %) et une pathologie de paroi (n : 53 ; 7 %). Un masque nasal était utilisé pour 124 (16 %) patients et un masque facial pour 676 (84 %). Un effet secondaire lié au masque était perçu pour 378 (47 %) des patients. Un effet secondaire sévère ou intolérable était rapporté par 144 (18 %) patients. Les effets secondaires étaient liés à un serrage insuffisant du masque (n : 191, 51 %) ; un serrage excessif du masque (n : 98, 26 %) et par les deux types de mécanismes pour 89 (23 %) patients. Comparativement à ceux n’ayant aucun effet secondaire ou des effets secondaires légers, les patients ayant des effets secondaires de modéré à intolérable avaient une capnie en ventilation spontanée plus élevée : 6,4±1,3kPa vs. 6,1±1,0 (p<0,01), une moins bonne qualité de vie : 55±17/100 vs. 60±16 (p<0,01) et, une moins bonne qualité de sommeil : 8±5/23 vs. 7±4. Il n’y avait pas de différence significative concernant l’observance des patients : 7,1±2,5h/jour vs. 6,9±3,2 (p=0.51).

Conclusion

Les effets secondaires liés au masque sont communs en VNI et surviennent chez les patients les plus sévères.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Plan


© 2020  Publié par Elsevier Masson SAS.
Imprimer
Export

    Export citations

  • Fichier

  • Contenu

Vol 13 - N° 1

P. 79 - janvier 2021 Retour au numéro
Article précédent Article précédent
  • Insuffisance respiratoire chronique : quels impacts des étiologies sur l’observance de l’oxygénothérapie de longue durée?
  • J. Ben Amar, N. Guediri, H. Zaibi, E. Ben Jemai, H. Aouina
| Article suivant Article suivant
  • Impact des systèmes d’humidifications en ventilation non invasive de domicile sur la qualité objective du sommeil : une étude contrôlée randomisée
  • M. Patout, A. Bertier, E. Fresnel, A. Kerfourn, A. Portmann, J.F. Muir, E. Lhuillier, A. Cuvelier

Déjà abonné à cette revue ?