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Biothérapies dans l’asthme sévère : étude de vie réelle sur les raisons de l’abstention ou de l’initiation d’une biothérapie - 10/01/21

Doi : 10.1016/j.rmra.2020.11.171 
M. Ramassamy 1, , E. Noel-Savina 1, D. Brouquieres 1, M. Lescouzeres 1, A. Didier 2, L. Guilleminault 2
1 Pôle des voies respiratoires, service de pneumo-allergologie, centre hospitalo-universitaire, Toulouse, France 
2 Pôle des voies respiratoires, service de pneumo-allergologie, centre hospitalo-universitaire, centre de physiopathologie de Toulouse Purpan, Inserm U1043, CNRS UMR 5282, université Toulouse III, Toulouse, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Les biothérapies ont révolutionné la prise en charge de l’asthme sévère. Ces thérapeutiques permettent de diminuer significativement les exacerbations et/ou la dose de corticoïdes oraux. Les études récentes se sont beaucoup concentrées sur les patients asthmatiques sévères relevant d’une biothérapie. Cependant, il est nécessaire de ne pas méconnaître le profil des patients asthmatiques sévères qui ne bénéficient pas en pratique d’une biothérapie.

Méthodes

Une étude prospective en vie réelle a été réalisée chez des patients asthmatiques de plus de 15 ans, sous traitement de pallier 5 selon le GINA 2019 (corticothérapie inhalée à dose élevée et un autre contrôleur) depuis plus de 3 mois. Les données démographiques et les caractéristiques de l’asthme étaient colligées. Le critère de jugement principal était la raison de non mise sous biothérapie chez les patients n’ayant pas de biothérapie tout au long de l’étude d’une durée de 6 mois.

Résultats

Au total, 124 patients (54 hommes, 70 femmes), d’âge moyen 47 ans±16 ont été inclus. Parmi ces patients, 69 (56 %) étaient en surpoids dont 38 (31 %) étaient obèses, 54 (44 %) étaient fumeurs dont 41 (76 %) étaient sevrés. L’asthme apparaissait dans l’enfance pour 59 patients (48 %) et de façon tardive pour 23 patients (19 %). Parmi les 124 patients, 53 (43 %) n’étaient pas sous biothérapie. Les raisons de la non mise sous biothérapie étaient le bon contrôle (31 %), la présence de symptômes sans exacerbation (16 %), l’indication clinique mais sans critère de prescription biologique (22 %), la présence de comorbidités prédominantes (23 %), le refus du patient (3 %), l’inobservance (3 %), la grossesse (2 %). Chez les 71 patients (57 %) qui avaient reçu au moins une biothérapie, les objectifs principaux étaient de réduire les exacerbations (69 %), réduire la corticothérapie (18 %), améliorer les symptômes (7 %) et 5 patients (6 %) pour lesquels la biothérapie était indiquée pour une comorbidité (3 dermatites atopiques, 1 polyallergie alimentaire et 1 urticaire chronique).

Conclusion

Parmi les patients asthmatiques sévères qui ne reçoivent pas de biothérapies, un tiers uniquement ont un bon contrôle de leur asthme. Des études chez les patients asthmatiques sévères sans biothérapies semble une nécessité.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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© 2020  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 13 - N° 1

P. 87 - janvier 2021 Retour au numéro
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