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L'annonce d'un diagnostic grave par le pneumologue : un acte thérapeutique - 17/04/08

Doi : RMR-02-2004-21-1-0761-8425-101019-ART14 

Ph. Fraisse [1]

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Résumé

Introduction

La profession du pneumologue le met en situation d'annoncer des diagnostics graves, maladies à l'origine de handicaps durables ou mettant en jeu le pronostic vital.

Etat des connaissances

Surtout focalisé sur la cancérologie, le terme de diagnostic grave n'est pas clairement défini dans la littérature. Les techniques de communication mises en jeu sont spécifiques de ce moment de relation extrême, elles ne sont pas innées et sont peu enseignées. Pourtant le savoir faire du médecin à cette étape conditionne en partie le cheminement de la personne malade tout au long de son histoire et face aux complications ultérieures. Les valeurs éthiques, en particulier le respect de l'autonomie, ainsi que des arguments psychologiques ou pragmatiques, et les prescriptions réglementaires, motivent la décision d'annoncer le diagnostic au patient ou à ses proches.

Perspectives

Vu du côté du patient, l'annonce d'un diagnostic grave sera une parole, dite dans une intention thérapeutique, qui prédit ou constate une perte significative. Cette parole est capable de déclencher un processus de deuil, période de remise en question et de réajustement du sens et des projets. Ce processus et ses étapes, s'ils sont connus du médecin, permettent de réaliser un accompagnement facilitant au patient le choix des thérapeutiques conseillées par le médecin et un certain refondement de l'idée qu'il se fait de sa vie, tout en valorisant son autonomie. Une étude approfondie des mécanismes mis en jeu et des bénéfices apportés aux patients durant ce cheminement reste à développer, ainsi que la formation initiale et continue des médecins.

Conclusions

L'annonce est donc un acte thérapeutique autant qu'un partage d'informations.

Abstract

Breaking bad news by the respiratory physician: a therapeutic process

Introduction

The profession of respiratory medicine is often involved in communicating bad news, dealing with handicapping chronic disease or a poor prognosis.

State of the art

Particularly when dealing with a cancer diagnosis, the "bad news" process is poorly described in the literature. The communication techniques that are used are specific to this highly charged encountered and they are neither innate nor widely taught. Yet the performance of the doctor at this crucial stage has a bearing on the patient throughout their clinical course and later complications. Ethical values, in particular respect of the patient's right to autonomy, as well as psychological and practical issues, govern the decision of giving the diagnosis to the patient or their next of kin.

Perspectives

From the patient's point of view, the breaking of bad news will be language, delivered with therapeutic intentions, which describes a significant loss. This language has the potential to unleash a mourning process, a calling into question and readjustment of direction and future plans. This process and its stages, if recognised by the doctor, can be harnessed so that the patient can by assisted into making correct therapeutic decisions whilst reinforcing their sense of autonomy. A study, which looks closely at the mechanisms of this process, and the benefits delivered, as well as the necessary training required by doctors, remains to be done.

Conclusion

Breaking bad news to a patient is therefore as much a therapeutic process as the sharing of information.


Mots clés : Divulgation de la vérité , Diagnostic , Communication , Accès à l'information , Relation médecin-malade

Keywords: Truth Disclosure , Diagnosis , Communication , Access to Information , Doctor/patient Relationship


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Vol 21 - N° 1

P. 75-91 - février 2004 Retour au numéro
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