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Fréquence et caractéristiques de l’emphysème chez des patients adultes avec variations de FLNA : une étude monocentrique - 12/01/25

Doi : 10.1016/j.rmra.2024.11.194 
A. Michalski 1, , C. Vincent-Delorme 2, S. Demoulin 3, T. Smol 4, P. Felloni 5, L. Wemeau 6, T. Perez 3, F. Pontana 5, O. Le Rouzic 6, N. Bautin 3, M. Balduyck 7, F. Zerimech 7, D. Pascal 8, C. Emeline 9, C. Chenivesse 6, V. Valentin 6
1 Université Lille, CHU de Lille, F-59000 Lille, France 
2 Clinique de Génétique Guy Fontaine, CHU de Lille, F-59000 Lille, France 
3 Service d’explorations fonctionnelles respiratoires, CHU de Lille, F-59000 Lille, France 
4 Institut de Génétique Médicale, CHU de Lille, F-59000 Lille, France 
5 Service de radiologie et imagerie thoracique, CHU de Lille, F-59000 Lille, France 
6 Service de pneumologie et immuno-allergologie, Centre de référence constitutif maladies pulmonaires rares, CHU de Lille, F-59000 Lille, France 
7 Laboratoire de biochimie et biologie moléculaire, CHU de Lille, F-59000 Lille, France 
8 Service de Médecine vasculaire et hypertension artérielle, CHU de Lille, F-59000 Lille, France 
9 Unité statistique évaluation économique data-management (SEED), CHU de Lille, F-59000 Lille, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Les variations du gène FLNA sont responsables de pathologies rares appelées filaminopathies, le plus souvent responsables d’épilepsie et de malformations congénitales. Diverses atteintes respiratoires ont été rapportées en population pédiatrique (détresse respiratoire aiguë néonatale, dysplasie bronchopulmonaire, emphysème…). Chez l’adulte, seuls quelques cas d’emphysème ont été décrits. Notre hypothèse est que les variations de FLNA pourraient être associées à la présence d’emphysème à l’âge adulte. L’objectif de notre étude était d’évaluer la fréquence et les caractéristiques de l’emphysème chez les patients avec variation de FLNA.

Méthodes

Nous avons conduit une étude prospective transversale monocentrique chez les patients adultes (>18 ans) porteurs d’une variation pathogène du gène FLNA suivis au CHU de Lille (CPP 2022-A00972-41). Les patients inclus ont bénéficié (1) d’une recherche exhaustive d’exposition respiratoire à des substances responsables d’emphysème (tabagisme actif ou passif, expositions domestiques et professionnelles), (2) d’un scanner thoracique interprété par les radiologues thoraciques et d’une quantification du volume d’emphysème par un logiciel, (3) d’explorations fonctionnelles respiratoires (EFR) comprenant spirométrie, pléthysmographie, DLCO et oscillomètrie respiratoire. En cas d’emphysème, ils bénéficiaient d’une recherche de déficit en alpha-1-antitrypsine (DAAT) et d’un séquençage du gène PTPN6. L’objectif principal était de déterminer la fréquence de l’emphysème. Les objectifs secondaires étaient la description des caractéristiques de l’emphysème (type, répartition et sévérité), des EFR, et de la fréquence de l’emphysème inexpliqué, défini par l’absence de cause secondaire.

Résultats

Parmi les 29 adultes identifiés dans le centre de référence régional, 10 présentaient des critères de non-inclusion, 5 ont refusé de participer, et 4 n’ont pas donné de réponse. Au total, dix patientes ont été incluses. La fréquence de l’emphysème était de 70 % (n=7). La seule exposition retrouvée chez les patientes atteintes d’emphysème était le tabagisme passif, chez 3 patientes. Aucune n’avait de DAAT ni de variation de PTPN6. L’emphysème était donc inexpliqué dans 57 % des cas (n=4). L’emphysème était majoritairement centrolobulaire (n=4) et prédominait dans les régions supérieures (n=4). Le volume médian d’emphysème était de 8,8 % (IQ 3,0–18,0 %) du volume pulmonaire total. Chez les patients avec emphysème, les EFR révélaient une limitation des débits expiratoires (VEMS et, ou VEMS/CVF<limite inférieure de la normale (LIN)) dans 57 % des cas (n=4), une distension (rapport VR/CPT>limite supérieure de la normale (LSN)) dans 57 % des cas (n=4), une diminution de la DLCO dans 71 % des cas (n=5) et une dysfonction des petites voies aériennes (R5–R20 >0,07kPa/L/s) dans 71 % des cas (n=5).

Conclusion

Nos résultats suggèrent que les femmes adultes avec variation pathogène hétérozygote du gène FLNA auraient fréquemment de l’emphysème et devraient bénéficier d’un dépistage systématique et de mesures de protection respiratoire (vaccinations, sevrage tabagique). Ces variations pourraient également être une cause d’emphysème familial ou inexpliqué chez les femmes.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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© 2024  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 17 - N° 1

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