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Maladie de Parkinson et apathie - 03/09/25

[17-060-A-64]  - Doi : 10.1016/S0246-0378(25)50184-7 
K. Dujardin a, , M. Béreau b, S. Prange c
a Service de neurologie A, Hôpital Roger-Salengro, Centre expert Parkinson, Université de Lille, U1172 Lille Neuroscience & cognition, Inserm, CHU de Lille, rue Émile-Laine, 59037 Lille, France 
b Centre expert Parkinson, Université Marie-et-Louis-Pasteur, UMR1322 Inserm LINC, CHU de Besançon, 3, boulevard Fleming, 25030 Besançon, France 
c Centre expert Parkinson, Université Claude-Bernard-Lyon 1, Centre de recherche en neurosciences de Lyon, UMR5292 CNRS, U1028 Inserm, Hospices civils de Lyon, 59, boulevard Pinel, 69675 Bron, France 

Auteur correspondant.

Résumé

L'apathie, définie comme un déficit de motivation affectant les sphères cognitive, émotionnelle et comportementale, se caractérise par une diminution des comportements dirigés par un but. Sa prévalence atteint 39,8 % dans la maladie de Parkinson. Elle est souvent associée à la dépression, à la fatigue, à l'anhédonie et au déclin cognitif. Elle retentit sur les autres symptômes moteurs et non moteurs, altère significativement la qualité de vie et alourdit le fardeau des aidants. Différentes échelles permettent son dépistage et son évaluation. Le concept d' effort-based decision making enrichit sa compréhension, considérant que l'apathie résulterait soit d'une réduction de la sensibilité à la récompense, soit d'une augmentation de la sensibilité à l'effort consenti pour l'obtenir. Les circuits corticostriataux sont impliqués dans les comportements dirigés par un but. La dopamine y module la motivation via ses récepteurs, notamment D 3 , qui jouent un rôle clé dans l'apathie liée à la maladie de Parkinson. Le noyau subthalamique est aussi un acteur clé de ces circuits, comme le montre l'influence de la chirurgie de stimulation de ce dernier sur les comportements motivés. Les neurosciences comportementales s'appuyant sur des données chez le rongeur, le primate et l'humain distinguent l'apathie motivationnelle (dopa-sensible, liée au dysfonctionnement des circuits dopaminergiques mésocorticolimbiques et sérotoninergiques) de l'apathie cognitive (dopa-résistante, impliquant les systèmes cholinergique et noradrénergique). L'imagerie structurelle et fonctionnelle confirme le rôle des altérations des circuits frontostriataux, notamment du striatum ventral, du cortex cingulaire antérieur et préfrontal dans l'apathie, impliquant le système dopaminergique mésocorticolimbique, ainsi que les systèmes sérotoninergique, noradrénergique et cholinergique. L'absence actuelle de biomarqueurs applicables individuellement souligne la nécessité d'approches longitudinales et pharmacologiques pour valider des marqueurs pronostiques et guider les traitements personnalisés de l'apathie selon le contexte, les stratégies thérapeutiques efficaces restant actuellement limitées.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots-clés : Motivation, Fatigue, Goal-directed behavior, Reward, Effort, Basal ganglia, Mesocorticolimbic circuit, Dopamine


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