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Syndrome des jambes sans repos et mouvements périodiques dans le TDAH de l’adulte : rôle du fer - 19/03/15

Doi : 10.1016/j.msom.2015.01.150 
R. Lopez 1, , J.-A. Micoulaud 2, L. Brandejsky 3, S. Chenini 1, A. Doukkali 1, I. Jaussent 4, Y. Dauvilliers 1
1 Centre de référence nationale narcolepsie hypersomnie idiopathique, CHU Gui-de-Chauliac, Montpellier, France 
2 CNRS, sommeil, attention et neuropsychiatrie, USR 3413, université de Bordeaux, Bordeaux, France 
3 Pôle de psychiatrie Solaris, CHU de Sainte-Marguerite, 270, boulevard de Sainte-Marguerite, Marseille, France 
4 Inserm U061, Montpellier, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Objectif

Le syndrome des jambes sans repos (SJSR) et les mouvements périodiques des membres inférieurs (MPMI) sont souvent observés dans le TDAH chez l’enfant. Ces trois pathologies ont été associées à une carence martiale. Il n’existe pas à ce jour de données disponibles chez l’adulte. Les objectifs sont de préciser la fréquence et les déterminants cliniques, polysomnographiques et biologiques (ferritine) du SJSR chez des adultes souffrant de TDAH.

Méthodes

Cent trente adultes (71 hommes, 17–67ans) non traités, avec un diagnostic de TDAH (DSM5) ont eu une évaluation clinique du TDAH (DIVA-2, ASRS), du SJSR (critères ICSD-3, IRLSSG), de l’insomnie (ISI), de la somnolence (ESS) et un dosage de la ferritinémie. Un sous-groupe de 70 sujets a bénéficié d’une polysomnographie.

Résultats

Trente et un pour cent des sujets ont un SJSR (dont 54 % sévère, 53 % de formes familiales, âge de début moyen 14,9ans), 24 % ont un index de MPMI>5/h. Une ferritinémie<50ng/ml était présente chez 51 % des sujets (dont 71 % de femmes). Les sujets avec SJSR ont une ferritinémie plus basse (71,2 vs 113,6 ; p=0,004), plus souvent un sous-type hyperactif (73 % vs 46 % ; p=0,004), sans différence sur l’index de MPMI>5/h (26 % vs 23 %). La sévérité du SJSR et celle de l’hyperactivité sont corrélées positivement (r=0,55 ; p=0,001). Une plainte d’insomnie (ISI>14) et de somnolence (ESS>10) est présente respectivement chez 45 % et 47 % de la population TDAH. Toutefois les sujets avec et sans SJSR ne se différencient pas sur l’ISI, l’ESS ou la sévérité globale du TDA/H. Les sujets avec MPMI>5/h ont une ferritinémie plus basse (46,8 vs 115,4 ; p<0,001). Une corrélation inverse est observée entre ferritinémie et index de MPMI (r=–0,37 ; p=0,02). Les sujets avec carence martiale ont plus souvent le sous-type hyperactif (65 % vs 45 % ; p=0,02).

Conclusion

Nous rapportons une fréquence élevée de troubles moteurs nocturnes et de carence martiale dans le TDAH de l’adulte. Le SJSR, les MPMI et les symptômes d’hyperactivité sont influencés par le statut martial. À l’avenir, l’influence des génotypes à risque de SJSR (Meis1 et BDBD9) ainsi que l’effet de la supplémentation martiale sur ces paramètres devront être étudiés.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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© 2015  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 12 - N° 1

P. 18 - janvier 2015 Retour au numéro
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