Association entre la maladie d’Ekbom-Willis et les maladies cardio-cérébrovasculaires : mythe ou réalité ? - 19/03/15
Résumé |
Objectif |
Plusieurs études se sont récemment intéressées à rechercher une association entre la maladie d’Ekbom-Willis (syndrome des jambes sans repos-SJSR) et les maladies cardio-cérébrovasculaires (MCCV), avec des résultats discordants. L’objectif de cette étude est d’étudier les relations entre SJSR et (1) l’hypertension artérielle (HTA), (2) les MCCV dans le cadre d’une étude cas-témoins.
Méthodes |
Quatre cent six patients atteints d’un SJSR présumé idiopathique (Association Ekbom-France) ont été comparés à 363 témoins. Le diagnostic et la sévérité du SJSR (3/4 ou 4/4 critères diagnostiques, score IRLSSG ≥ 15 en présence de traitement), la présence d’HTA et de MCCV (infarctus du myocarde, trouble du rythme, insuffisance cardiaque, accident vasculaire cérébral) ont été évalués par autoquestionnaires. Les mesures anthropométriques, les plaintes d’insomnie, de somnolence, de dépression et le traitement du SJSR et autres pathologies associées étaient aussi recueillis. Des modèles de régression logistique ajustés sur des facteurs de confusion potentiels ont été menés afin d’étudier si l’HTA et les maladies CCV sont associées au SJSR.
Résultats |
Les patients étaient plus souvent des femmes (67,7 vs 48,8 %), plus âgés (71ans vs 68ans), obèses (IMC>30 ; 14,5 vs 7,1 %), plus somnolents (ESS>10 ; 45,46 % vs 16,5 %), insomniaques (ISI>14 ; 60,6 % vs 12,7 %), et dépressifs (BDI>12 ; 53,9 % vs 30,6 %). Toutes ces comparaisons étant significatives (p<0,05). La fréquence de l’HTA et des MCCV étaient respectivement de 40,0 % vs 30,8 % et 22,4 % vs 14,8 % chez les SJSR versus témoins. Le SJSR est associé (1) à l’HTA (OR=1,49 IC à 95 %=1,11–2,01) et (2) aux MCCV (OR=1,67 IC à 95 %=1,15–2,43) et aussi à l’insuffisance cardiaque seule (OR=2,92 IC à 95 %=1,15–7,39). Toutefois, aucune de ces associations ne reste significative après ajustement sur les variables socio-démographiques (âge et sexe), l’IMC, la dépression, l’insomnie et la somnolence.
Conclusion |
Notre étude cas-témoins permet de confirmer la présence d’un lien entre le SJSR et la présence d’une HTA ou d’une MCCV. Toutefois ces associations ne sont pas indépendantes, car elles disparaissent après ajustement sur les principales caractéristiques cliniques et comorbidités associées.
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Vol 12 - N° 1
P. 19 - janvier 2015 Retour au numéroDéjà abonné à cette revue ?



