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L’inversion de répartition du sommeil lent profond est une bonne approximation de l’inversion du delta sleep ratio dans la dépression - 19/03/15

Doi : 10.1016/j.msom.2015.01.057 
Thierry Faivre 1, , Benjamin Putois 2
1 Clinique Lyon-Lumière, Lyon, France 
2 Formation universitaire à distance Suisse, Ceyzeriat, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Objectif

Les troubles du sommeil et la dépression sont étroitement associés. Les anomalies du sommeil paradoxal (SP) sont les plus connues. Le sommeil à ondes lentes peut aussi présenter certaines caractéristiques typiques de la dépression. Elles ont surtout été étudiées dans le cadre de la recherche, en mesurant l’activité à ondes lentes (SWA) par analyse spectrale. Un marqueur fortement évocateur de dépression est l’inversion de la répartition de la SWA entre le 1er et le 2e cycle de sommeil ou inversion du delta sleep ratio. Le clinicien n’a pas accès aux outils sophistiqués de la recherche, néanmoins, la mesure du sommeil lent profond ou N3, réalisé de manière routinière lors de la lecture des enregistrements du sommeil, pourrait représenter une bonne approximation de la SWA, puisqu’elle se base sur la présence d’ondes lentes d’une fréquence comprise entre 0,5 et 2Hz et d’une amplitude d’au moins 75microvolts, pendant au moins 20 % d’une époque de 30s. Nous avons voulu tester l’hypothèse selon laquelle l’inversion de répartition de N3 entre les 1er et 2e cycles était corrélée à la dépression.

Méthodes

Étude rétrospective de 36 polysomnographies de patients pour lesquels le diagnostic d’inversion de la répartition du N3 avait été posé lors de la rédaction du compte-rendu d’enregistrement. Groupe témoin apparié en âge et sexe (n=36). Analyse statistique de corrélation entre l’IDSR et le score de dépression (Beck abrégé, BDI). ANOVA à mesure répétées.

Résultats

Comparés aux témoins, le groupe de patients a :

– moins de N3 dans le 1er cycle ;

– plus de N3 dans le 2e cycle ;

– un rapport durée de N3 du 1er cycle/durée du N3 du 2e cycle plus faible ;

– une latence du SP plus courte.

Le rapport N3 1er/2e cycle varie significativement en fonction du groupe expérimentale, du niveau de dépression et de la sévérité du SAOS. Pour un BDI>7 la durée du N3-2 est corrélée à la durée du 1er épisode de SP et au BDI ; ce qui n’est pas le cas pour un BDI<7. Pour un BDI>15 la durée de N3_1 est+grande (26min) comparée à un BDI<15 (14min), la durée du N3_2 n’étant pas différente.

Conclusion

L’inversion de répartition du N3 entre les 1er et 2e cycles de sommeil semble signer la présence d’un état dépressif.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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© 2015  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 12 - N° 1

P. 39 - janvier 2015 Retour au numéro
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