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Mauvaise perception des siestes chez les patients âgés : marqueur de l’insomnie ou problème cognitif ? - 19/03/15

Doi : 10.1016/j.msom.2015.01.059 
Vi Huong Nguyen-Michel 1, , Pierre Levy 2, Olivier Pallanca 1, Kiyoka Kinugawa-Bourron 1, Claude Sebban 1, Jean Mariani 1, Isabelle Arnulf 1
1 Groupe Charles-Foix - Pitié-Salpêtrière, AP–HP, Paris, France 
2 Département de Santé Publique, Hôpital Tenon, AP–HP, Paris, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Objectif

Examiner la non-perception de l’endormissement diurne et ses facteurs prédictifs chez les patients âgés.

Méthodes

De 2009 à 2013, les patients de plus de 60ans consultant pour troubles du sommeil au centre gériatrique de sommeil de l’hôpital Charles-Foix ont été interrogés et ont rempli les échelles de somnolence d’Epworth, de dépression gériatrique, d’anxiété de Goldberg, de sévérité de l’insomnie (ISI). Ils ont bénéficié d’un Mini-Mental State Examination (MMSE) ainsi qu’une nuit d’enregistrement de polysomnographie (PSG) suivie de 4 tests itératifs de latence d’endormissement (TILE). Après chaque test diurne, le technicien a demandé au patient s’il pensait avoir dormi. La non-perception de l’endormissement (Npe) était définie par un endormissement non perçu lors d’au moins 2 des 4 tests.

Résultats

Sur 135 patients vus prospectivement, 105 se sont endormis au cours d’au moins 2 tests : 42 patients (40 %) ne l’ont pas perçu. Ce groupe avec Npe avait des scores de MMSE et d’Epworth plus bas et consommait plus de benzodiazépines que le groupe sans Npe alors que ces deux groupes étaient comparables sur le plan démographique, de dépression et d’anxiété, du sommeil nocturne et des TILE. De plus, les scores de l’ISI11, du MMSE26 et de l’Epworth8 étaient indépendamment associés au Npe. La présence simultanée de ces 3 facteurs avait une valeur prédictive positive de 93 % et prédictive négative de 71 % pour le Npe.

Conclusion

Plus de 40 % des sujets âgés en consultation de sommeil, surtout ceux qui sont insomniaques ou ont des troubles cognitifs, ne perçoivent pas leurs siestes et sous-évaluent leur score subjectif de somnolence. Ce résultat illustre l’intérêt, chez ces patients, d’évaluer objectivement la perception des siestes en laboratoire plutôt que d’utiliser des échelles subjectives, afin de réduire le risque accidentologique et de surconsommation de somnifère.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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© 2015  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 12 - N° 1

P. 40 - janvier 2015 Retour au numéro
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