Incidence du mois de Ramadan sur la qualité du sommeil et la vigilance diurne chez les jeunes médecins stagiaires - 19/03/15
, Ilhem YanguiRésumé |
Objectif |
Cette étude avait pour objectif d’évaluer l’influence du ramadan vécu sur la qualité du sommeil et la vigilance au travail chez les internes et les résidents en médecine.
Méthodes |
Il s’agit d’une étude épidémiologique transversale qui s’était déroulée en juillet 2014 et avait intéressé 650 résidents et internes travaillant dans les 2 CHU de la ville de Sfax. Le support de l’enquête était un auto-questionnaire inspiré de celui du réseau Morphée et mené avant et pendant le ramadan.
Résultats |
Parmi les résidents et les internes sollicités, seulement 243 avaient répondu convenablement aux questionnaires (37,5 %). L’âge moyen était 26,81ans avec une légère prédominance féminine (58,8 %). Pendant le mois de Ramadan, le comportement alimentaire était marqué par une diminution de la fréquence des repas (de 2,92 à 1,79) avec des horaires décalés. Les maux de tête et les troubles dyspepsiques étaient plus fréquents (respectivement 15,2 % versus 6,8 % et 46,91 % versus 29,63 %). La consommation médicamenteuse d’antalgiques et de pansement gastrique avaient diminué (3,29 versus 6,99). La fréquence d’insomnies d’endormissement avait augmenté (57,6 % contre 48,1 % ; p<0,0001). Il en était de même pour l’impression de sommeil insuffisant (54,7 % versus 18,9 %, p<0,0001). Pendant les journées de Ramadan, les jeunes médecins se plaignaient le plus souvent d’un réveil matinal pénible (91,8 % contre 56,1 % ; p<0,0001). La sensation d’irritabilité, la somnolence excessive, ainsi que la diminution de la vigilance diurne étaient également majorée (respectivement à 65 % versus 57,6 % et 41,4 % versus 30,4 %, 44,9 % contre 32,9 % p<0,0001). De même, la fréquence des troubles de la concentration était multipliée par 3 pendant ce mois sain. Prés des deux tiers des jeunes médecins interrogés estimaient que le mois de Ramadan est directement responsable d’une altération significative du rendement.
Conclusion |
Les perturbations du sommeil pendant Ramadan sont probablement aggravées par les mauvaises pratiques souvent associées à ce mois. Une éducation portant sur les bonnes règles d’hygiène de vie associée à un meilleur aménagement des horaires du travail seraient capables de limiter l’incidence de ces perturbations.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 12 - N° 1
P. 43 - janvier 2015 Retour au numéroDéjà abonné à cette revue ?


