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C’est en dormant que l’on devient forgeron : effet du sommeil sur l’apprentissage répété - 19/03/15

Doi : 10.1016/j.msom.2015.01.069 
Stéphanie Mazza 1, , Emilie Gerbier 1, Marie-Paule Gustin 2, Olivier Koenig 1, Michel Magnin 3
1 Laboratoire EMC, Université Lyon 2, Bron, France 
2 Département de biostatistiques HCL, Lyon, France 
3 Intégration centrale de la douleur/CRNL-U1028, Bron, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Objectif

Le proverbe selon lequel « c’est en forgeant que l’on devient forgeron » illustre le fait que les apprentissages sont favorisés par la pratique. Lorsqu’un matériel est appris de manière répétée, chaque séance d’apprentissage est plus facile que la précédente, ce qui indique une économie au réapprentissage. Compte tenu de l’effet bénéfique du sommeil sur la consolidation mnésique, nous nous sommes demandé si une nuit de sommeil favoriserait cette économie au réapprentissage en réduisant le nombre de révisions nécessaires pour l’acquisition d’un ensemble d’items verbaux.

Méthodes

Deux groupes de 20 jeunes adultes ont réalisé un apprentissage initial puis un réapprentissage de 16 mots issus de la langue Swahili et leur traduction en français. Le nombre d’essais d’apprentissage nécessaires pour rappeler sans erreur la traduction des 16 mots était mesuré. Les deux séances étaient espacées de 12heures. Un groupe réalisait la séance d’apprentissage à 9h et celle de réapprentissage à 21h (groupe Éveil), l’autre apprenait à 21h et réapprenait à 9h après une nuit de sommeil (groupe Sommeil). La rétention des mots était également mesurée une semaine plus tard.

Résultats

Le nombre d’essais nécessaires pour apprendre les 16 paires était équivalent dans les 2 groupes (5,6±1,9 vs. 5,2±1,5 pour les groupes Sommeil et Éveil, respectivement). Lors du réapprentissage 12h plus tard, les participants ayant dormi débutaient le test avec de meilleures performances (10,3 mots±2,6 vs. 7,4 mots±3,1 ; p<0,005) et obtenaient les 16 mots en 3±1 essais de réapprentissage. Le groupe Éveil avait besoin de deux fois plus d’essais (5,8±1,7) pour réapprendre les 16 mots (p<0,005). Cette économie au réapprentissage induite par le sommeil se caractérisait également par un réapprentissage plus rapide des items oubliés au cours du délai. Lors du rappel une semaine plus tard, le groupe Sommeil parvenait à rappeler 15,2±1,5 mots contre 11,2±1,2 pour le groupe Éveil (p<0,001). Le temps de sommeil observé entre les deux phases d’apprentissage était positivement corrélé aux performances une semaine plus tard (p<0,05).

Conclusion

Le sommeil permet donc une économie lors du réapprentissage, tout en assurant un maintien à long terme plus efficace. Ainsi, intercaler une nuit de sommeil entre des séances de révisions permettrait de réviser moins et de retenir plus longtemps.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Plan


© 2015  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 12 - N° 1

P. 44 - janvier 2015 Retour au numéro
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