Emergence du syndrome des jambes sans repos après stimulation cérébrale profonde dans la maladie de Parkinson : une hyperstimulation dopaminergique ? - 19/03/15
, Maria-Livia Fantini 1, Dominique Morand 2, Bruno Pereira 2, Philippe Derost 1, Miguel Ulla 1, Bérengère Debilly 1, Jean-Jacques Lemaire 1, Franck Durif 1Résumé |
Objectif |
Peu d’études ont évalué les effets de la stimulation cérébrale profonde du noyau subthalamique (SCP-NST) sur le syndrome des jambes sans repos (SJSR) dans la maladie de Parkinson et leurs résultats sont contradictoires. En effet une amélioration du SJSR après SCP-NST est parfois rapportée alors que d’autres études retrouvent au contraire une émergence de SJSR en postopératoire. Il a été suggéré que la forte diminution des traitements dopaminergiques après la chirurgie puisse démasquer les symptômes de SJSR et expliquer l’apparition de SJSR observée après SCP-NST. Nous avons ici voulu identifier spécifiquement les facteurs associés au risque de développer un SJSR après SCP-NST afin de mieux comprendre les mécanismes à l’origine du SJSR dans la maladie de Parkinson.
Méthodes |
Dans cette étude observationnelle prospective nous avons évalué la survenue de SJSR chez 31 patients présentant une maladie de Parkinson, initialement sans SJSR, avant et 6mois après SCP-NST bilatérale chronique. Nous avons comparé les paramètres cliniques et le traitement (dose totale, dose uniquement pour les agonistes dopaminergiques et dose sans les agonistes dopaminergiques) entre les patients qui développaient un SJSR et ceux qui n’en développaient pas.
Résultats |
Six patients sur 31 se sont plaints d’une apparition de SJSR en postopératoire. Il n’y avait pas de différence entre les deux groupes concernant les données démographiques, le traitement préopératoire et l’amélioration clinique après SCP-NST. En revanche les patients qui développaient un SJSR avaient, par rapport aux patients sans émergence de SJSR, une plus forte dose d’agonistes dopaminergiques lors de l’évaluation postopératoire (p=0,040) et un pourcentage de diminution des agonistes dopaminergiques moins important (p=0,043).
Conclusion |
Les effets cumulés des agonistes dopaminergiques et de la SCP-NST pourraient, par le biais d’une hyperstimulation, entraîner des modifications d’excitabilité du système dopaminergique à l’origine d’une émergence de SJSR en postopératoire. Ce phénomène devrait être pris en compte par les cliniciens lors de l’adaptation du traitement pharmacologique après la chirurgie.
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Vol 12 - N° 1
P. 54 - janvier 2015 Retour au numéroDéjà abonné à cette revue ?


