Épidémiologie de la lithiase urinaire chez les militaires français en opération extérieure - 28/10/16
Résumé |
Objectifs |
Les soldats déployés en opérations extérieures en zone aride sont exposés à un risque accru de survenue de colique néphrétique, et peuvent nécessiter un rapatriement sanitaire en métropole. Le but de notre étude est d’analyser la fréquence et les modalités de prise en charge de la maladie lithiasique urinaire symptomatique chez les militaires français rapatriés pour colique néphrétique au cours des dix dernières années.
Méthodes |
Notre étude a porté sur l’ensemble des militaires français rapatriés des différents théâtres d’opération extérieure pour colique néphrétique, entre le 1er janvier 2005 et le 31 décembre 2015. Pour chaque patient, nous avons recensé : âge, sexe, date de déploiement, date de la crise, antécédents personnels et familiaux de lithiase urinaire, dépistage avant le départ, traitement médical initial, modalités de rapatriement, diagnostic et traitement au retour en France.
Résultats |
Sur les 8954 soldats rapatriés sanitaires en métropole durant cette période, 186 (2,1 %) l’ont été pour colique néphrétique. 29 % des patients avaient un antécédent personnel de maladie lithiasique urinaire. Le temps moyen passé sur le territoire au moment de la crise était de 60jours (10–120jours). Quatre-vingt-quinze pour cent des patients étaient réévalués par réalisation d’un scanner à leur arrivée en France : 39 % des patients n’avaient pas de calcul retrouvé, la taille moyenne des calculs à l’imagerie étant de 5,48mm (1–20mm). La créatininémie moyenne était de 85,9 micromol/L. Seuls 4 % des patients avaient nécessité un drainage en milieu extérieur, par néphrostomie percutanée le plus souvent. Un traitement médical a été suffisant dans la plupart des cas.
Conclusion |
Les militaires en opération extérieure sont exposés à de multiples facteurs favorisants la lithogenèse (déshydratation, fortes températures), mais l’antécédent de lithiase en est le facteur favorisant principal. L’impact opérationnel de cette pathologie fréquente mérite une optimisation du dépistage et du traitement de la colique néphrétique en situation précaire, qui pourrait faciliter le retour de ces militaires à l’unité de combat.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 26 - N° 13
P. 683 - novembre 2016 Retour au numéroDéjà abonné à cette revue ?



