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Le nivolumab augmente la pression artérielle pulmonaire chez les patients traités pour carcinome pulmonaire non à petites cellules - 10/01/21

Doi : 10.1016/j.rmra.2020.11.243 
L. Fournel 1, , P. Boudou-Rouquette 1, M. Prieto 1, C. Guinet 1, J. Arrondeau 1, D. Damotte 1, M. Wislez 1, F. Batteux 1, P. Icard 2, F. Goldwasser 1, M. Alifano 1
1 Université, Paris, France 
2 Université de Caen, Paris, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

L’élargissement des indications d’inhibiteurs de check-point immunitaires comme le nivolumab, dans le traitement du cancer bronchopulmonaire non à petites cellules (CBNPC), entraîne un nombre croissant d’effets secondaires. Dans cette étude, nous avons évalué l’impact du nivolumab sur le diamètre de l’artère pulmonaire brut (PAD) et normalisé, et par analogie sur la pression artérielle pulmonaire.

Méthodes

Les données cliniques, morphométriques, pathologiques et radiologiques de patients traités par nivolumab pour un CBNPC, ont été analysées sur une période de 18 mois. Une évaluation radiologique en aveugle a été réalisée par 3 observateurs différents mesurant la PAD axiale et le diamètre de l’aorte (AoD) sur des coupes scanographiques secondairement appariés, pour chaque patient, avant et après traitement par nivolumab. Les associations entre variation de PAD (ΔPAD) et données clinicopathologiques ont également été testées.

Résultats

Cinquante-neuf patients répondant aux critères d’inclusion ont été identifiés (Tableau 1). Le PAD était significativement augmentée après nivolumab (28,0±3,0mm contre 26,3±2,8mm initialement, p<0,001), de même que le rapport PAD/AoD (0,87±0,11 contre 0,82±0,09, p<0,001). Le ΔPAD médian était de 0,05 [0,01–0,122] et était significativement plus élevé chez les patients hypométaboliques présentant une faible dépense énergétique au repos (p=0,03). Les patients présentant un ΔPAD>1% avaient un taux d’albumine sérique significativement plus bas (p=0,03) et un risque nutritionnel plus élevé (p=0,02), par rapport aux autres. Contrairement au traitement par nivolumab, la chimiothérapie, qu’avaient reçu une majorité des malades de cette cohorte en premières lignes de traitement, n’entraînait pas d’augmentation significative du PAD (n=45, 25,9±2,9mm avant chimiothérapie versus 25,7±2,4mm après chimiothérapie, p=0,51). Le traitement anti-PD-1 était associé à des événements indésirables immunitaires chez 11 patients (18,6%) dont 2 cas d’hypertension pulmonaire aiguë potentiellement mortelle, tous deux présentant un rapport PAD/AoD post-traitement>1.

Conclusion

Le nivolumab est associé à une augmentation du PAD, marqueur potentiel d’HTAP clinique ou préclinique, et conduisant parfois à des complications mortelles. Une évaluation scanographique et échocardiographique minutieuses de l’artère et de la pression pulmonaire devraient faire partie du bilan thérapeutique des patients recevant du nivolumab, en particulier ceux dénutris ou cachectiques.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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© 2020  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 13 - N° 1

P. 117 - janvier 2021 Retour au numéro
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