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Parler en dormant : étude du langage chez 232 patients somniloques - 19/03/15

Doi : 10.1016/j.msom.2015.01.146 
G. Uguccioni 1, , A. Devevey 2, J.-L. Golmard 3, I. Arnulf 1
1 Service des pathologies du sommeil, hôpital Pitié-Salpêtrière, université Pierre-et-Marie-Curie, Paris, France 
2 Université de Franche-Comté, Besançon, France 
3 Département de biostatistique, hôpital Pitié-Salpêtrière, université Pierre-et-Marie-Curie, Paris, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Objectif

Étudier les caractéristiques du langage durant le sommeil chez des patients somniloques atteints de trouble du comportement en sommeil paradoxal (TCSP) et de somnambulisme et rechercher l’existence d’une participation du cortex à l’élaboration du langage humain pendant le sommeil.

Méthodes

Les verbatim de tous les sujets venant passer une à deux nuits sous vidéo-polysomnographie depuis 3ans ont été recueillis. Ces verbatim ont été écoutés, transcrits mot par mot et classés sous différentes catégories (paroles, chuchotements, répétitions, violence verbale, cris, chants, ton). Les mouvements associés ont été analysés, ainsi que la présence d’une inspiration précédant la prise de parole, supérieure ou égale au 50ème percentile du volume courant enregistré en ventilation spontanée.

Résultats

Deux cent trente-deux patients ont parlé en dormant (129 avec TCSP et 103 somnambules), produisant 883 verbatim nocturnes dont 361 phrases ou mots isolés compréhensibles, soit en moyenne 13 mots par nuit. Les patients avec TCSP présentaient plus de rires (10 % vs. 4 %), de marmonnements (27 % vs. 10 %) et de mouvements de lèvres sans émission de sons (6 % vs. 1 %) que les somnambules. Les somnambules présentaient plus de chuchotements (23 % vs. 10 %), de mots ou phrases répétés (10 % vs. 5 %), de langage ordurier (9 % vs. 6 %), négatif (10 % vs. 8 %) et interrogatif (12 % vs. 8 %) que les patients avec TCSP. Le nombre de mots prononcés en dormant tendait à être plus important chez les somnambules. On retrouve une large inspiration précédant la parole dans 33 % des verbatim, autant chez les somnambules que les patients avec RBD. Enfin on observe plus de mouvements associés au langage chez les somnambules (80 % vs. 58 %).

Conclusion

Le langage durant le sommeil semble maintenir les mêmes caractéristiques que le langage éveillé. Par contre, il y a plus de verbatim non compréhensibles en sommeil paradoxal. Enfin, la présence d’inspiration précédant une grande partie des verbatim nocturnes témoigne de l’existence d’une préparation inspiratoire préverbale d’origine corticale à la parole dans le sommeil.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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© 2015  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 12 - N° 1

P. 16 - janvier 2015 Retour au numéro
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