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La polygraphie sous-estime le diagnostic et la sévérité du SAHOS : résultats de la cohorte European Sleep Apnea Database (ESADA) - 19/03/15

Doi : 10.1016/j.msom.2015.01.035 
Didier Marechal, Stéphanie Auguste, Samira Touil, Nasro Benrezzak, Nadia Tache, Zouheir Balekji, Gabriel Roisman, Pierre Escourrou
 Hôpital Béclère, Clamart, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Objectif

La polygraphie (PG) et la polysomnographie (PSG) sont utilisées pour le diagnostic du syndrome d’apnées obstructives (SAHOS) mais leur équivalence dans des cohortes cliniques non sélectionnées est inconnue Notre hypothèse est que la méthode diagnostique influence le diagnostic et la sévérité du SAHOS.

Méthodes

Les données de 11,049 patients dans la cohorte multicentrique de 26 centres européens : European Sleep Apnea Cohort (ESADA) avec suspicion de SAHOS (H ou F ; 18–80ans) ont été utilisées pour comparer la PG (n=5745) et la PSG (n=5304). Chacun des centres a utilisé ses techniques de routine (PG et/ou PSG) pour le diagnostic des patients. Les évènements respiratoires ont été scorés en utilisant les critères de l’AASM 2007.

Résultats

L’index d’apnée-hypopnée par la PSG (IAH-PSG=31,0±26,1h−1) a été plus élevé que par la PG (IAH-PG=22,0±23,5h−1) (p<0,0001). L’index de désaturation d’oxygène a été inférieur en PG (ODI-PG=18,4±21,7h−1) comparé à la PSG (ODI-PSG=23,0±25,3h−1) mais pas différent lorsque la PSG était rapportée au temps total analysé TAT (ODI-TAT 18,6±21,4h−1, p<0,65). La proportion de patients avec un IAH15 était 64 % dans le groupe PSG et 47 % dans le groupe PG (p<0,001). Globalement, un patient exploré par une PG a en moyenne un IAH de 30 % inférieur à la PSG. La proportion de patients avec un IAH15 était 65 % dans le groupe PSG et 46 % dans le groupe PG (p<0,001). Les sévérités obtenues par la PSG étaient significativement plus basses que pour la PG dans les intervalles d’IAH inférieur à 15 (p<0,0001) et plus élevées pour les IAH>30 (p<0,001) Les différences ne sont pas liées aux caractéristiques ou aux comorbidités des patients. L’analyse démontre que l’IAH moins élevé dans le groupe PG est lié à 2 facteurs pour part égale : surestimation du temps de sommeil qui produit un IAH inférieur malgré un nombre total d’évènements identiques et non prise en compte des micro-éveils pour le scorage des hypopnées.

Conclusion

Cette étude indique que la PG interprétée avec les critères standards sous-estime le diagnostic et la sévérité du SAHOS. Nous proposons le développement de critères spécifiques de PG pour le management des patients suspects de SAHOS.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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© 2015  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 12 - N° 1

P. 31 - janvier 2015 Retour au numéro
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