Relations entre dyspnée et expressions faciales au cours du servage de la ventilation mécanique - 09/05/26
, T. Chapman b, D. Picard b, c, M.-C. Nierat b, J. Mayaux a, M. Lecronier a, M. Dres a, b, T. Similowski b, A. Demoule a, b, M. Decavèle a, bResumen |
Introduction |
La dyspnée, perception anormale et angoissante de sa propre respiration, est le symptôme de nombreuses et complexes modifications cérébrales liées à une respiration anormale, regroupées sous le terme « souffrance cérébrale d’origine respiratoire (SCOR) ». Chez les patients intubés, souvent incapables de rapporter leurs symptômes, la SCOR reste fréquemment non diagnostiquée et non traitée, à l’origine de conséquences physiques, psychologiques défavorables. L’échelle Mechanical Ventilation-Respiratory Distress Observational Scale (MV-RDOS) est une échelle observationnelle permettant de fortement suspecter la SCOR chez les patients non-communicants. Elle inclut l’évaluation d’une expression faciale de peur, mais à ce jour l’expression faciale de dyspnée n’a jamais été décrite et analysée. L’objectif de l’étude est d’analyser l’association entre SCOR, expressions faciales et issue d’une épreuve de respiration spontanée (ERS) chez des patients de réanimation intubés.
Méthodes |
Étude prospective monocentrique incluant des patients intubés éligibles à une ERS. Les visages des patients étaient filmés pendant l’ERS. Les expressions faciales étaient analysées selon le Facial Action Coding System (FACS) portant sur la détection de 7 unités faciales d’action (AU) élémentaires : AU1-2 (haussement interne et externe des sourcils), AU4 (froncement des sourcils), AU5 (écarquillement des yeux), AU6 (élévation des pommettes), AU9 (froncement du nez) et AU38 (dilatation des narines). La SCOR était retenue pour un MV-RDOS >3 pendant l’ERS.
Résultats |
Au total 30 patients ont été analysés. Les patients avec SCOR ( n = 24) présentaient des AU1 (1,7 vs 0,5/min), AU4 (1,6 vs 0,3/min) et AU5(1,2 vs 0,1/min) plus fréquentes que ceux sans SCOR ( p < 0,05). Les patients avec SCOR présentaient une AU38 plus intense (2,2 vs 1,8). Les patients ayant échoué l’ERS ( n = 15) présentaient l’AU38 plus longue (1,21 vs 0,92 sec), plus intense (2,8 vs 2,0 sur une échelle de 1 à 5) et plus fréquente (14,3 vs 2,6/min) que les patients ayant réussi l’ERS ( p < 0,05). L’intensité des AU5 (AUC = 0,77, p < 0,05) et AU38 (AUC = 0,73, p < 0,05), mesurées pendant les 10 premières minutes d’ERS permettaient de prédire de façon significative l’échec de l’ERS.
Conclusion |
Chez les patients intubés, un certain pattern d’expression faciales est associé à la SCOR et/ou à l’échec d’ERS. Les AU5 et AU38 des 10 premières minutes prédisent l’échec de l’ERS. L’analyse continue des expressions faciales pourrait contribuer au dépistage en temps réel de la dyspnée chez les patients intubés non-communicants.
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Vol 43 - N° 1
P. 27 - mai 2026 Regresar al número¿Ya suscrito a @@106933@@ revista ?


