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Hétérogénéité de l’asthme selon les phénotypes inflammatoires sanguins dans la cohorte Constances - 10/01/21

Doi : 10.1016/j.rmra.2020.11.024 
T. Tsiavia 1, , M. Goldberg 2, M. Zins 2, L. Orsi 1, R. Nadif 1
1 Université Paris-Saclay, UVSQ, University Paris-Sud, Inserm, Équipe d’épidémiologie respiratoire intégrative, CESP, Villejuif, France 
2 Université Paris-Saclay, UVSQ, Inserm, Cohortes Épidémiologiques en population, Villejuif, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

L’asthme est une maladie hétérogène caractérisée par plusieurs phénotypes dont les phénotypes inflammatoires. Une seule étude (étude cas-témoin EGEA) a identifié et caractérisé les phénotypes inflammatoires sanguins de l’asthme non sévère chez l’adulte. Notre objectif était d’identifier et de caractériser les phénotypes inflammatoires dans la cohorte française en population générale Constances.

Méthodes

Les données sont issues de 133 545 participants parmi les 168 354 adultes (18–69 ans) inclus entre 2012–2019. L’asthme actuel a été défini par la réponse positive à la question « Avez-vous déjà eu de l’asthme? » et par la déclaration de symptômes, de crise d’asthme ou de traitement pour asthme au cours des 12 derniers mois. Les phénotypes paucigranulocytique, neutrophilique, éosinophilique et mixte ont été construits à partir de valeurs seuils du nombre d’éosinophiles (EOS) et de neutrophiles sanguins (NEU) (1) EGEA: 250 EOS/mm 3 et 5 000 NEU/mm3 ou (2) à l’aide de courbes ROC. Les associations entre les phénotypes et les caractéristiques cliniques ont été étudiées à l’aide de modèles logistiques polytomiques avec ajustement sur âge, sexe, statut tabagique, indice de masse corporelle (IMC), diplôme et traitement pour asthme.

Résultats

12 387 participants déclaraient un asthme actuel (9,3 %). A partir des valeurs seuils d’EGEA, les phénotypes paucigranulocytique, neutrophilique, éosinophilique et mixte représentaient respectivement 56,6 %, 6,6 %, 32,8 % et 4 %. Comparé au phénotype paucigranulocytique, le phénotype neutrophilique était significativement associé aux symptômes nocturnes (ORs entre 1,06 et 1,27) et à la dyspnée sévère (OR=1,21 [1,07–1,36]); le phénotype éosinophilique était significativement associé à la crise d’asthme (OR=1,35 [1,19–1,52]), au score de symptômes (p<10–4), et inversement à la dyspnée sévère (OR=0,77 [0,69–0,86]); le phénotype mixte était associé au score de symptômes (OR>1,48). Des associations similaires étaient obtenues avec les valeurs seuils de 250 EOS/mm 3 et 3 420 NEU/mm 3 issues des courbes ROC.

Conclusion

Les phénotypes inflammatoires étaient différemment associés aux caractéristiques de l’asthme, suggérant des rôles distincts pour chacun d’eux. L’étude de leur association avec l’évolution de l’asthme est en cours. Mieux caractériser les différents phénotypes est une première étape vers l’amélioration de sa prise en charge, et permet une meilleure compréhension des mécanismes par lesquels l’environnement affecte l’asthme.

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© 2020  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 13 - N° 1

P. 16 - janvier 2021 Retour au numéro
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