Expositions hormonales au cours de la vie, asthme actuel et fonction respiratoire des femmes : données de la cohorte CONSTANCES - 09/05/26
, L. Orsi a, M.-C. Delmas b, O. Dumas a, S. Kab c, A. Ozguler c, M. Zins c, N. Roche a, d, T. Perez e, M. Canonico a, B. Leynaert aResumen |
Introduction |
Les disparités entre les sexes en termes de prévalence et de sévérité des pathologies respiratoires chroniques, notamment l’asthme et la BPCO, sont bien établies et ont motivé de nombreuses recherches quant au rôle des hormones sexuelles. Cependant, les résultats demeurent inconsistants. Nous avons exploré les associations entre des indicateurs de l’exposition endogène et exogène aux œstrogènes et la fonction respiratoire et l’asthme, chez les femmes de la cohorte Constances. Une modulation par l’IMC et le tabac a également été recherchée.
Méthodes |
L’analyse a porté sur 61 921 femmes âgées de 18 à 69 ans avec des mesures spirométriques reproductibles à l’inclusion. L’exposition hormonale endogène a été approchée par les caractéristiques de la vie reproductive et l’exposition exogène par la prise de pilule contraceptive ou d’un traitement hormonal de la ménopause (THM). Les associations ont été étudiées par régression linéaire (fonction respiratoire) et logistique (asthme actuel), ajustées sur le centre, les données socio-démographiques, l’IMC, les comportements de santé, et les comorbidités.
Résultats |
Parmi les femmes incluses, 10,3 % déclaraient un asthme actuel, 92 % utilisaient une pilule contraceptive, 38 % étaient ménopausées dont 40 % prenant un THM. Comparées aux femmes nullipares, les femmes ayant eu au moins un enfant avaient une meilleure CVF mais un VEMS/CVF plus bas. Une ménarche tardive (>14 ans), la ménopause, un âge précoce à la ménopause et une durée de vie reproductive plus courte étaient associées à une réduction significative de la CVF. La prise de pilule contraceptive était associée à une meilleure CVF et un VEMS/CVF diminué, en particulier chez les femmes en surpoids ou obèses. La prise de THM était associée à une meilleure CVF, sans interaction avec l’IMC. Concernant l’asthme survenu après la puberté, une augmentation du risque d’asthme actuel était observée avec la ménarche précoce (< 12 ans) (OR = 1,24 [1,11–1,38]) et la prise actuelle de pilule (OR = 1,31 [1,08–1,58]). Parmi les femmes ménopausées, on observait un risque accru d’asthme actuel apparu après la ménopause, associé à un âge précoce à la ménopause ( < 40 vs. 45–55 ans : OR = 2,60 [1,56–4,34]). Par ailleurs, une diminution linéaire du risque d’asthme actuel était associée à une durée de vie reproductive plus longue ( p -tendance < 0,001).
Conclusion |
Dans ce large échantillon de la population générale, les facteurs reproductifs pouvant refléter une exposition plus importante ou plus longue aux œstrogènes étaient associés à une meilleure CVF, mais à une diminution du VEMS/CVF. Cependant, l’asthme actuel était associé à la fois à la ménarche précoce et la ménopause précoce. Ces résultats suggèrent un effet contrasté des œstrogènes sur la santé respiratoire des femmes.
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Vol 43 - N° 1
P. 29-30 - mai 2026 Regresar al número¿Ya suscrito a @@106933@@ revista ?


